La Haute autorité de santé a dévoilé ce mercredi un guide pour faciliter la prescription médicale d’activés physiques et sportives..

Bouger plus, lutter contre l’inactivité liée à nos modes de vie, faire 2h30 d’activité physique par semaine… les effets bénéfiques pour la santé sont indiscutables. Dans certains cas, l’activité physique accélérerait même la guérison de pathologies. Partant du constat suivant : « on ne soigne pas qu’avec des médicaments », la Haute autorité de santé (HAS) a publié un guide à destination des médecins pour les aider dans la prescription d’activités physiques et sportives à leurs patients atteints de maladies chroniques..

Les bénéfices sur la santé d’une activité physique sont nombreux. Pour les patients souffrant d’obésité, cela peut permettre d’éviter la perte de masse musculaire lors de la phase d’amaigrissement ou d’éviter une reprise de poids après celle-ci. Pour les patients atteints de diabète, une réduction des risques de complications vasculaires peut être espérée. Bref, les effets bénéfiques sont bien plus nombreux que les risques éventuels d’une pratique d’activité physique..

Grâce à ce guide, la HAS entend aider les médecins à mettre l’accent sur le caractère simple et accessible d’une activité physique quotidienne. « Quand on parle de sport à nos patients, on leur fait peur », ironise Martine Duclos, endocrinologue. Marche à pied, transport en vélo plutôt qu’en voiture, promenade du chien… les façons de pratiquer une activité quotidienne sont simples. « Aujourd’hui, dans les grandes villes, on a plus de 30 % des gens qui prennent la voiture pour moins d’un kilomètre. Si la moitié de ces personnes marchaient, on aurait moins de dépenses de santé », développe Alexandre Feltz, médecin généraliste à Strasbourg.

En France, rares sont les médecins qui prescrivent textuellement une activité physique à leurs patients. Sur 55 000 médecins généralistes, ils ne seraient que 2 000 selon Alexandre Feltz. Avec ces fiches thématiques (éditées en fonction de différentes pathologies), l’objectif est de « lever les freins » à la prescription d’une activité physique par les médecins généralistes..

À Strasbourg, ville dans laquelle Alexandre Feltz a développé dès 2012 l’un des premiers réseaux de sport-santé en France, c’est tout un parcours de soins qui a été mis en place. « Quand le médecin identifie un symptôme, il oriente vers un réseau municipal ou des accompagnateurs spécialisés. Avec un parcours gratuit pendant un an, l’objectif est de mettre en place des automatismes d’activités physiques quotidiennes », explique le médecin généraliste.

Plus qu’une base scientifique, ce guide a donc vocation à être « un outil pour aider les médecins à prescrire », ajoute Dominique le Culudec, présidente de la HAS. Reste la question du financement de ces prescriptions. Aujourd’hui, elles ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Des mesures doivent être annoncées dans ce sens par le ministère de la Santé et celui des Sports en janvier 2019.

 

Article réalisé dans le cadre de la formation au Centre de Formation des Journalistes (CFJ)

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