GILLARD NicolasAujourd’hui, la rédaction vous propose le portrait d’un journaliste de la télévision publique Belge. Il s’agit de Nicolas Gillard, présentateur du « 15 minutes ». Au travers de cette interview, le journaliste nous dévoile une partie de sa vie privée et de sa vie professionnelle, mais également quelques conseils pour les futurs journalistes… 

 

Racontez-moi votre chemin au sein de la RTBF ?

Au compteur, j’affiche 15 ans de parcours à la RTBF, quinze années d’info au quotidien. Même en faisant autre chose de temps à autre, en délaissant un mois ou deux le centre nerveux d’une rédaction, l’actu « chaude » est restée le réel fil rouge de tout mon parcours jusqu’à présent. Par choix, par envie de ne pas trop s’éparpiller. Enfin, pour rester en phase le pourquoi du choix de ce métier : l’envie d’informer et de rester informé. L’essentiel, au sein d’une rédaction, est de se montrer polyvalent et de marquer son intérêt, quand l’occasion se présente, pour des domaines en particulier. J’ai connu cinq années de « Rue de la Loi », à côté de la présentation ou de reportages en région. C’est donc très diversifié.

Qu’aimez-vous faire durant votre temps libre ?

Je suis un fou de cinéma. J’aime tous les genres, sans exception. La curiosité me pousse à me tourner vers les films pour lesquels je ne serais pas spécialement attiré. Cela dit, je lis beaucoup de magazines ciné qui me guident dans mes choix. Je suis donc rarement déçu, avec l’impression d’avoir perdu deux ou trois heures de mon temps. Je suis accroc aux séries aussi. Certaines d’entre elles comme « House of Cards » ou « Homeland » peuvent me tenir éveillé de longues heures… Je suis un grand lecteur de romans policiers aussi. Et puis dès que l’occasion se présente, je fais du sport. Jamais à heure fixe, mon métier ne me le permet pas, mais le plus souvent possible. Avant, je me moquais un peu des gens qui disaient en avoir besoin, aujourd’hui, j’ai compris. Enfin, ma famille est tout simplement vitale pour moi.

Envisagez-vous de quitter le Journal Télévisé ou, au contraire, voudriez-vous continuer dans cette voie ?

Je suis 100% dans l’info et ce serait difficile de m’en détourner pour le moment. Cela dit, l’idée de piloter un magazine d’actu ou de portraits dans la mouvance d' »Un jour, Un destin » est vraiment très séduisante. Être responsable de A à Z de ce type de magazine doit être réellement un beau challenge.

Selon vous, quel type de journaliste êtes-vous ?

Les gens que je croise me disent souvent que je suis clair, compréhensible. Ça me fait plaisir, lorsqu’on me fait ce compliment, je crois qu’une partie du but est atteint. J’aime le travail bien fait, qui va droit au but. Peu de choses peuvent me détourner d’une préparation de journal. Par contre, les moments de pause sont essentiels. Ces moments, je les dédie à mes collègues avec qui je passe beaucoup de temps et avec qui on refait le monde, autour d’un verre d’eau plate avant de retourner travailler !

Comment se déroule votre journée de présentateur du « 15 minutes » ?

Là encore, une partie des téléspectateurs pensent que nous arrivons à la rédaction au beau milieu de l’après-midi. En fait, un journal comme le « 15 minutes », se prépare dès 8 heures du matin. Nous assistons  à toutes les réunions communes aux autres éditions des deux chaînes. Nous mettons au point des conduites qui évoluent tout au long de la journée et restons en alerte en cas d’événement majeur. Nous dégageons également des pistes pour le « Focus » du « 15 minutes » pour lequel nous disposons d’un journaliste attitré. L’écriture à proprement parler des textes n’intervient que vers 16H00.

Quel est votre plus gros lapsus  ?

Présenter à deux, c’est avoir deux fois plus de chance d’être surpris. Un simple regard, un attitude, une façon de dire son texte peuvent se muer rapidement en éclat de rire. Il faut donc être vigilant. Lors d’une actualité qui ne prêtait pas vraiment à sourire, ma collègue et moi nous sommes retrouvés embarqués à la limite de la bonne humeur. Ce qui n’est pas tolérable mais tout bonnement incontrôlable également. Il peut arriver, comme ce jour-là, de ne pas vraiment être fier !

Plutôt studio ou terrain ?

Je ne fais quasiment plus de terrain en ce moment. Mais quand j’y retourne, c’est avec grand plaisir. J’y vais avec moins de pression. Par contre, j’adore la présentation. Il serait hypocrite de dire que je ne veux pas continuer dans cette voie, tant que j’en ai la chance ou qu’on m’y forcerait.

La présentation, en duo ou en solo ?

La présentation en duo n’est pas très difficile. La préparation du journal à deux l’est sans doute plus. Le choix d’un sujet, sa place dans une conduite, l’angle à apporter à une info devront être soumis à l’approbation de son partenaire en permanence. Ce qui nécessite un dialogue constant, ce qui peut, à première vue, ne pas paraître évident. Heureusement, nous nous entendons tous les quatre à merveille. Les échanges se font naturellement. C’est vraiment très agréable de travailler comme ça, dans la bonne humeur.

Quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?

La qualité essentielle est le désir d’informer. Avec des mots choisis, les plus accessibles possibles, rendre digeste ce qui ne l’était pas. Je pense qu’avec un minimum d’images, tous les sujets peuvent être abordés dans un JT, moyennant cette capacité de raconter une histoire. Pas pour simplifier, mais pour rendre limpide. Dans une rédaction, car on vit en groupe, il faut aussi se montrer patient. Ne pas avoir peur d’oser aussi. Tant sur la forme que sur le fond d’un sujet.

On dit souvent que le métier de journaliste comporte de nombreux inconvénients, est-ce vrai ?

Je ne vois quasiment que des avantages ! Sans rigoler, nous avons la chance de faire un métier prestigieux grâce auquel nous nous ouvrons au monde tous les jours. La face un peu plus rude, ce sont les rythmes de travail soutenus, les horaires fluctuants, l’attention constante. Mais je retiens surtout la chance de pouvoir exercer ce métier qui m’a toujours inspiré.

Le public retient une image sérieuse de vous ; mais comment êtes-vous réellement ?

Le JT reflète parfois une image très sérieuse de celui qui l’incarne et c’est bien normal. Ça se saurait si nous présentions tous les soirs le journal des bonnes nouvelles. Mis à part cela, je crois qu’il serait ridicule de forcer le trait, en faisant des mines de circonstance au moment des passages plus difficiles d’un journal, ça ne sert pas à grand-chose. Sinon, le week-end, quand je ne travaille pas, j’aime faire des grosses fêtes, c’est tout dire…

Y a-t-il de réelles difficultés à préparer un Journal Télévisé  ?

Ce n’est pas une question de difficulté mais de mise en oeuvre. Il faut chaque fois aborder une nouvelle édition en se disant qu’on veut qu’elle soit la meilleure possible. Comme un cuisinier qui a tous ses ingrédients, devant lui, sur sa table, et qui doit en faire un menu à la fois agréable pour les yeux et surtout, mangeable. En tant que présentateur, il faut avoir l’envie, en diversifiant les sources, de raconter une info comme si on la portait à la connaissance du téléspectateur pour la première fois. Le stress du direct ne m’atteint pas. Il faut juste une capacité de concentration pour rendre le journal audible et crédible.

Une anecdote pour terminer ?

Entre partenaires du « 15 minutes », nous nous adonnons à un rituel qui se fait sur les premières secondes du générique et qui donc reste invisible à l’antenne. Un peu comme les joueurs de foot qui rentrent sur un terrain lors des grands matchs. Nous faisons entre nous un « check » des mains ! Il est chaque jour différent ! En faisant suffisamment attention aux phalanges de sa partenaire !

 

Remerciements :

Nicolas GILLARD

Jean-Pierre JACQMIN (Directeur de l’information à la RTBF)

 

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