Dimanche, plusieurs millions de Français sont appelés à aller voter pour le premier tour des élections départementales. Si ce scrutin a pour origine un enjeu local, il prend une certaine dimension nationale depuis quelques jours. Alors qui va gagner ? Qui va surprendre ? Qui va perdre ? Le Plus vous propose un tour d’horizon des états-majors politiques.

La montée du FN ?

Pour le premier tour, les sondages donnent un grand favori : le Front National. Le parti de Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour avec 33% des voix (sondage Odoxa pour Le Parisien). Un an après ses succès aux municipales, le parti d’extrême-droite semble bien parti pour obtenir des élus dans les conseils généraux, voire même gagner des départements, ce qui serait une première historique pour le FN. Grand objectif du parti, le département du Var. Emmené par le jeune sénateur David Rachline le Front National bénéficie d’un fort ancrage local dans ce département, en témoigne le nombre d’élus (environ 170 selon Var Matin). Toujours selon le quotidien, le parti nationaliste pourrait remporter 5 à 12 cantons dans le 83 sur les 23 circonscriptions. Ainsi il pourrait faire une entrée fracassante au conseil départemental et pourquoi pas arracher ce département à l’UMP local qui est en proie à de grandes dissensions en interne, et qui s’est illustrée récemment avec de nombreuses dissidences au sein de la fédération varoise, comme Luc Jousse ex-UMP venu apporter son soutien au FN ; en somme, du pain béni pour le parti frontiste. En campagne contre les dépenses inutiles et pour la sauvegarde des départements, le FN peut envisager des bons scores dans le Pas-de-Calais, dans l’Aisne ou encore dans le Vaucluse où la bataille s’annonce rude face à un autre parti d’extrême-droite, la Ligue du Sud. Et ces résultats pourraient être obtenus en dépit de la politique de stigmatisation menée par Manuel Valls, ce qui lui a par ailleurs valu un échange musclé avec la députée frontiste Marion Maréchal Le Pen.

Une fessée pour le PS et ses alliés ?

Triomphant en 2011, le Parti Socialiste risque d’être le grand perdant de ces élections départementales. Crédité de 26 % (sondage Harris interactive pour M6) le parti de Jean-Christophe Cambadélis risque d’essuyer une très sévère déculottée les 22 et 29 mars prochains. Il y a 4 ans, le PS et ses alliés sortaient vainqueurs avec 72 conseils généraux ; cette année-là, seule une grande partie des départements du Nord-Ouest étaient restés aux mains de la droite. Aujourd’hui la tendance semble s’être inversée, et le PS risque de perdre de nombreux départements comme l’Île-et-Vilaine aux mains de la gauche depuis 11 ans, ou d’autres terres historiques comme le Val de Marne, la Seine-Saint-Denis ou encore la Haute Garonne. Mais un département en particulier pourrait passer à droite et le symbole y serait important. En effet, la Corrèze, aux mains de la gauche depuis 2008 (obtenue par un certain François Hollande) avait voté massivement pour le président de la République en 2012 (64.86% des voix au second tour). Néanmoins, la tendance s’est inversée et la gauche a perdu des grandes villes du département comme Brive. La droite y part donc favorite. Même si Manuel Valls a annoncé qu’en cas de défaite il resterait premier ministre, le gouvernement serait encore plus fragilisé et ce, un mois après l’imbroglio de la loi Macron. Autant dire que la gauche risque de voir ses tensions internes s’amplifier après ces élections.

Une victoire fulgurante de la droite ?

Actuelle détentrice de 28 départements, la droite pourrait voir ce chiffre augmenter de manière impressionnante le soir du 29 mars. Solidement ancrée dans le Nord-Ouest (exceptés le Finistère, les Côtes d’Armor et l’Île-et-Vilaine) l’UMP, alliée avec l’UDI et les candidats de divers droites, peut aller déloger la gauche dans plusieurs départements ; ainsi, la Loire-Atlantique pourrait bien basculer dans l’escarcelle de la droite. Non contente d’être favorite dans plusieurs départements, la droite pourrait aussi faire basculer l’Essonne, la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis, qui sont pourtant des bastions de la gauche. Cependant, il n’est pas exclu que la droite soit mise en danger par la présence de candidat du FN au second tour dans certains cantons, notamment dans l’Est où elle possède de nombreux départements mais a vu l’arrivée de nombreux conseillers municipaux d’extrême droite. A terme, la droite pourrait être invitée à cohabiter avec des élus départementaux du Front National. Dans le Var également, l’UMP est mise en danger par la forte présence des frontistes, en témoigne la cantonale partielle de novembre 2013 où le candidat FN Laurent Lopez avait arraché le canton de Brignoles au dépend de la candidate UMP Catherine Delzers. Bien qu’annoncée, la victoire de la droite pourrait être ternie par la présence de l’extrême-droite dans certains départements.

Un FN en tête des intentions de votes, une gauche moribonde et divisée, une droite qui peut l’emporter mais qui devra cohabiter avec le Front National. Décidément, ce scrutin local aura bien une portée nationale.

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