Une joie sincère a envahi le camp tricolore après une victoire acquise aux forceps lors d’une cruelle séance de tirs au but face à la Lettonie, ce mardi à Prague. La France est maintenue dans l’élite du hockey-sur-glace planétaire. Il y a à peine un an, les sourires étaient là après une qualification pour les quarts de finale à la suite d’un parcours magnifique. Les raisons de ce relatif recul sur le plan international sont multiples.

Un début de compétition très difficile

Le championnat du monde tchèque 2015 n’est pas un bon cru pour l’équipe de France. En effet, la bande du druide Dave Henderson, en place au poste de sélectionneur depuis 2004, a mal commencé avec deux courtes défaites face à l’Allemagne (1-2) et la Suisse (3-1). Ces deux rencontres sont remplies de regrets car l’Allemagne, privée de ses cadres NHL mieux occupés à négocier leurs contrats, et la Suisse, face à laquelle les Français ont trop été pénalisés, notamment la vedette des Stars de Dallas Antoine Roussel, étaient à la portée des hockeyeurs hexagonaux. La troisième rencontre, la plus simple sur le papier, mettait la France aux prises avec l’Autriche de Thomas Raffl (auteur de 3 buts sur toute la compétition). Ce match fut très crispant car la défaite était interdite : Damien Fleury a quelque peu détendu l’atmosphère en ouvrant la marque, en power play, à la 47ème minute de jeu. Laurent Meunier a doublé le score en fin de match alors que les Autrichiens avaient tenté le tout pour le tout en sortant leur gardien. Le très difficile enchaînement République Tchèque, Canada et Suède n’est pas une franche réussite avec trois défaites 5-1 puis 4-3, malgré une énorme rencontre face à des Canadiens jamais autant inquiétés dans cette première phase, et enfin 4-2 après avoir mené 2-1 au score grâce à un doublé de Fleury.

« Le début du Mondial a été compliqué, ensuite on a bien joué contre les grosses équipes. Maintenant, on a vu que si on ne jouait à fond tous les matches, on pouvait passer à la trappe. » (Damien Fleury)

Une qualification arrachée face à la Lettonie

Avant le dernier match des Bleus, la donne est simple : une victoire et le maintien est assuré. Dans une O2 Arena de Prague quasiment remplie, ce sont les Lettons qui prennent le meilleur départ en marquant deux buts en 22 minutes par Daugavins et Galvins. On pense alors la France au fond du trou. Bon on vous le dit, à ce moment-là elle l’est. Mais le passage aux vestiaires entre les deux derniers tiers temps a fait le plus grand des biens aux Français. En effet, dans les 20 dernières minutes, ce n’est plus la même équipe. Stéphane Da Costa, passé par les Senators d’Ottawa en NHL, puis Sacha Treille, grâce à un énorme lancer, permettent aux Bleus de revenir à hauteur. Les cinq dernières minutes sont totalement françaises : Julien Desrosiers manque le face à face de la gagne à moins de 10 » de la fin face à Masalkis qui offre alors le maintien à la Lettonie. Alors que la prolongation débute, la France est en concurrence avec non plus la Lettonie mais l’Autriche, défaite 10-1 face au Canada un peu plus tôt. La prolongation est totalement folle avec des poteaux tricolores et lettons mais rien ne passe. Pendant la séance de tirs au but finale, les joueurs français sont impériaux avec des réalisations de Fleury, Desrosiers et Da Costa qui libèrent le camp hexagonal après un magnifique arrêt de la légende Cristobal Huet devant Daugavins. C’est l’explosion, le soulagement. La France se maintient dans l’élite comme depuis 2008. Cette année, il n’y a pas eu d’exploit comme en 2013 (victoire 2-1 sur la Russie) et l’an passé (succès inaugural 3-2 face au Canada) mais une très forte émotion envahit la France du hockey-sur-glace tant la dramaturgie fut folle. « Émotionnellement c’est les montagnes russes » déclare même Auvitu à la sortie de la glace.

« Les joueurs ont montré du courage, du cœur et des tripes au bon moment. » (Dave Henderson)

Les raisons de ce parcours

Tout d’abord, le forfait de l’attaquant qui vient de prolonger avec les Flyers de Philadelphie après une première saison en NHL remplie de 81 matches (6 buts, 6 passes), Pierre-Edouard Bellemare a coûté cher à l’équipe de France. En effet, le natif du Blanc-Mesnil a dû se faire opérer de l’épaule peu avant le Mondial tchèque. Au Mondial biélorusse de l’an passé, il avait empilé pas moins de 3 buts et 5 passes en 8 rencontres pour mener les Bleus en quarts face à la grande Russie. Il y a, aussi, les adversaires relativement meilleurs cette année dans la poules de la France : l’an passé c’était peut-être un petit peu plus faible et dense entre les nations de « second rang » de la poule avec l’Italie ou le Danemark. Mais ce qui a le plus manqué aux hockeyeurs français cette année c’est ce retentissant exploit, ce petit grain de folie absent malgré une grosse rencontre face au Canada du meilleur joueur de la planète, Sidney Crosby.

Cependant, la France s’est forgée cette année et sera de la partie dans un an à Moscou – avec le maintien comme perpétuel objectif – dans l’optique d’un Mondial à la maison une année plus tard à Paris-Bercy. « On a un caractère énorme dans cette équipe, beaucoup de fierté » déclare Damien Fleury après le maintien. Non la France n’a pas joué pour les quarts de finale mais oui elle le sera l’an prochain. En effet, cette compétition apporte de l’expérience à un collectif encore très jeune emmené par des joueurs d’expérience et un coach respecté.

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