La Coupe du Monde de rugby approchant, le XV du Coq a disputé des test-matchs sur ses terres, dans l’antre dyonisienne qu’est le Stade de France de Saint-Denis. L’ambiance, comme fort (trop) souvent, y était morne. Il faut dire que le jeu développé par les Bleus – surtout contre l’Ecosse, malgré un succès 19-16 venant sceller une préparation à 2 victoires contre 1 défaite (à Twickenham contre les Anglais le 15 août dernier) – n’était pas très emballant. La même chose se produit avec le football où l’ambiance, aussi bien en province qu’à Saint-Denis, n’est pas la meilleure d’Europe. On a encore pu le voir lors de la rencontre France/Serbie organisée dans le tout nouveau Matmut Atlantique bordelais. Les éclairs de Blaise Matuidi ont bien entendu enchanté le stade qui s’est levé comme un seul homme par deux fois grâce au Parisien. Les spectateurs se contentant plus de regarder que d’encourager le reste du temps.

A côté de ce constat plutôt morne, nous avons les sports de salle qui attirent de plus en plus de personnes qui se passionnent pour le handball, le basketball ou encore le volley. En atteste le premier match de la Team Yavbou – victorieuse de la Ligue Mondiale à Rio en début d’été – en France depuis l’exploit brésilien. Au lendemain d’une défaite contre le Brésil à Tours, les Bleus de Laurent Tillie rejouaient les Sud-Américains à Coubertin, à Paris. Là-bas c’était la folie : une Marseillaise terminée a cappella qui donna des frissons au capitaine Toniutti, une ambiance de feu et des encouragements quand les Bleus furent menés 2 sets à rien. Un public en fusion qui a permi aux Bleus de l’emporter au tie-break et de prendre leur revanche. « Le public a été extraordinaire. Les Français sont en général plus spectateurs mais là, ils nous ont encouragés, même après avoir perdu les deux premiers sets 25-19. Ils nous ont beaucoup aidés à revenir dans le match » a déclaré Nicolas Maréchal à l’issu de la rencontre. Le volleyeur tricolore a plutôt bien résumé la situation. C’est également ce qu’il se passe en ce moment avec l’organisation de l’Euro Basket 2015 en France, à Montpellier pour la phase de groupe (10 000 places) et dans l’Arena du stade Pierre Mauroy de Lille (27 000 places, record d’Europe) : un engouement populaire jamais vu jusque là en France pour du basket, des joueurs portés par leur public, des ambiances extraordinaires.

« C’est incroyable, je n’ai jamais vécu ça, je n’ai jamais entendu une Marseillaise aussi forte » (Gelabale)

« Sur la fin, quand le match était plié (en parlant de France/Turquie, ndlr.), tu as plus le temps de regarder, de voir toute cette foule, ces couleurs et ça met des frissons, c’est génial » (De Colo)

L’engouement suscité par le basket, le handball et le volley peut-il durer ? La réponse se trouve entre le oui et le non. En effet, si les résultats ne suivent plus, les spectateurs ne suivront, hélas, plus. C’est la grande différence avec le football et le rugby qui amassent les foules en toutes circonstances. Cependant, le handball et le basket semblent en bonne voie pour rejoindre les deux grands sports collectifs de référence. Pour le volley il faut encore entrer dans le cœur du grand public, chose non réalisée avec la victoire en Ligue Mondiale. Il faudra se qualifier puis briller aux JO pour cela…

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