Les volleyeurs français sont devenus, ce dimanche au Maracañazinho, la première équipe de volley-ball française à remporter une grande compétition internationale. Un titre qui couronne une génération talentueuse managée de main de maître par un Laurent Tillie au sommet et toujours habité par la passion au cours des rencontres. Récit d’un périple.

De Suwon à Varna en passant par Poitiers, Kyoto ou Ceske Budojovice

Le 30 mai dernier, l’auto-proclamée Team Yavbou (du verlan de bouillaver) débute son périple en Corée du Sud. Et puis, les victoires s’enchaînent en Asie du nord-est : 4 succès sur la Corée du Sud et le Japon. Puis des performances du même acabit en France sur les Tchèques. Les Bleus, en deuxième division, se hissent – très facilement – au Final Four de cette dernière à Varna, en Bulgarie, avec un impressionnant 14/14 en phase de groupe et 92% des sets disputés remportés. Le Final Four bulgare n’est qu’une formalité pour la Team Yavbou qui domine le pays hôte 3-0 (25-16, 25-20, 25-21) en finale. Cette victoire donne droit aux volleyeurs tricolores de disputer le Final Six de la Ligue Monde à Rio de Janeiro et de réintégrer l’élite du volley-ball mondial en 2016.

Le récital du Maracañazinho de Rio

La Team Yavbou arrive à Rio sur la pointe des pieds – après un voyage de 20 heures depuis Varna via Istambul et Rome – mais avec des certitudes et le statut d’équipe invincible et pratiquant le meilleur volley du moment. Il faut dire que cette Team Yavbou, c’est une bande de potes qui a commencé son histoire dans les catégories de jeunes : ils s’amusent sur et en dehors du terrain. Les joueurs sont exceptionnels, le 6 majeur (Rouzier, Toniutti, Tillie, Ngapeth, Le Roux, Le Goff), le fabuleux libéro Jennia Grebennikov, comme les remplaçants (Aguenier, Clévenot, Lyneel, Maréchal, Lafitte, Sidibé) à l’état d’esprit irréprochable. Les Français débutent leur Final Six en dominant les vice-champions olympiques et du monde brésiliens, chez eux, à la maison 3 sets à 1 (27-29, 25-21, 31-29, 25-19). Une performance de haute-volée qui entrouvre la porte des demi-finales à la France. Même deux jours plus tard lorsque les États-Unis viennent l’emporter 3-1 (25-21, 25-22, 24-26, 25-20), infligeant à la Team Yavbou une première défaite en Ligue Mondiale, la confiance ne s’effrite pas, comme les ambitions, la qualification pour le dernier carré étant acquis. Dans la course à la finale, c’est la Pologne, championne du monde l’an passé à la maison, de Stéphane Antigua, gloire du volley-ball français, qui cède face aux coups de boutoirs de la Team Yavbou et surtout face aux contres magiques de Lafitte et Ngapeth dans le tie-break (victoire 3-2 [25-23, 25-23, 19-25, 22-25, 17-15]). En finale la Serbie ne résiste pas et s’incline 3-0 (25-19, 25-21, 25-23), laissant le million de dollars promis au vainqueur à la France qui remporte là sa première Ligue Mondiale.

« On est tous hyper contents. On vient de loin, il y a eu la première phase en Division 2, le tournoi en Bulgarie, puis on arrive ici dans le groupe le plus difficile… On ne peut pas être plus haut. » (Kevin Tillie)

« Je suis tellement heureux pour notre sport, qui a besoin de médailles pour sa médiatisation. » (Earvin Ngapeth)

On n’a pas fini d’entendre parler de la Team Yavbou

La France connait maintenant cette Team Yavbou qui a écrit les premières lignes de son histoire en ce début d’été. L’histoire n’est pas finie, l’Euro italo-bulgare arrive en octobre et le tournoi de qualification olympique en janvier prochain à Berlin. La bande à Earvin Ngapeth, élu MVP du Final Six de Rio, pourrait devenir – si les résultats et l’état d’esprit Yavbou perdurent – une des coqueluche du public français. Pour cela il faudra continuer de bouillaver les adversaires, en minimisant le côté affectif de la chose.

« Il va falloir enquiller. On va d’abord prendre de bonnes vacances, ça fait plaisir après plus de deux mois ensemble. Et puis on va repartir sur un gros stage de préparation pour faire un résultat à l’Euro. Ensuite, il y aura le tournoi de qualification olympique à Berlin. Il faudra produire le même niveau de jeu qu’ici, voire mieux, pour retourner à Rio. » (Kevin Le Roux)

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