Najat Vallaud Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche fait parler d’elle avec sa nouvelle réforme… Une réforme plus que contestée par l’opposition mais également par les enseignants et plus de 60% des Français. Explications pour les lecteurs du Plus.tv.

Après avoir mis en place la réforme des rythmes scolaires à la rentrée 2014, Najat Vallaud-Belkacem ne compte pas s’arrêter là. Récemment elle s’est lancée dans la réforme du collège, accompagnée d’une réforme des programmes. L’objectif de ces réformes est à la fois de combattre l’ennui des collégiens mais aussi de mettre en place une plus grande égalité, valeur traditionnelle de gauche et de réaliser une plus grande interdisciplinarité.

Les EPI, notion principale

Les EPI, mais qu’est-ce que signifie donc cet acronyme placé au cœur de la réforme ?

Les EPI, ce sont les enseignements de pratiques interdisciplinaires. Ils ont pour but de mettre en place une plus grande cohésion entre les disciplines mais aussi entre les professeurs. Huit thématiques seront mises en jeu à l’instar de sciences et société ou encore monde économique et professionnel (cf emploi du temps en fin d’article).

Les EPI représenteront en tout 20% de l’emploi du temps des collégiens et seront décidés par la direction des établissements. En effet, suite à cette réforme, le proviseur ou principal aura donc plus de liberté quant à sa gestion des enseignements.

L’autre avantage de ces EPI est qu’ils permettront la création de 4000 postes afin d’assurer la gestion de cette interdisciplinarité.

Les langues étrangères, problème central de cette réforme

De nombreuses questions se posent concernant le contenu de cette nouvelle réforme à commencer par l’apprentissage des langues vivantes. En effet si Najat Vallaud Belkacem veut instaurer une deuxième langue vivante dès la 5eme (au lieu de la 4eme), ces cours auront lieu à raison de 2h30 par semaine et donc il y aura le même nombre d’heures qu’aujourd’hui mais ces dernières seront réparties sur trois années ; elle veut cependant la suppression des classes bilangues et des sections européennes.

Afin de diminuer les inégalités entre les élèves et aussi de limiter l’élitisme en France, la ministre de l’Éducation nationale veut supprimer ces formations qui fonctionnent bien et qui permettent à un nombre d’élèves de progresser à un rythme plus élevé.

Ces classes bilangues pourraient aussi être à l’origine de la disparition progressive de l’allemand. Troisième langue vivante enseignée en France derrière l’anglais et l’espagnol, l’allemand était beaucoup étudié grâce à ces sections européennes. De nombreux postes sont à pourvoir de l’autre côté du Rhin et l’Allemagne reste un pays économiquement intéressant pour les jeunes Français.

En outre, la disparition partielle des langues anciennes, le latin et le grec, inquiète. Devants disparaître dans cette réforme, les mouvements d’opposition notamment des enseignants ont fait changer le Gouvernement d’avis. Ces derniers ont en effet décidé de conserver le latin en temps qu’option mais à raison d’une heure par semaine par niveau. La mise en place de cette option sera un choix des établissements mais cet enseignement ne fera pas acte d’un financement supplémentaire.

La refonte des programmes elle aussi débattue

L’autre inquiétude autour de cette réforme est liée à la réforme des programmes et en particulier en histoire.

Le nouveau programme venant de la proposition du conseil supérieur des programmes inquiète avec la mise en place de certains enseignements obligatoires quand d’autres seront eux facultatifs.

Ainsi en classe de cinquième, l’enseignement de l’islam reste un « module obligatoire » comme les différentes religions mais l’étude de la chrétienté au Moyen-Âge et la période consacrée aux Lumières deviennent des « modules facultatifs« .

Il est important de signaler que ces programmes ne sont pas encore définitifs mais ne sont que des propositions et feront l’objet de réflexions auprès d’enseignants et d’historiens avant d’être validés.

Najat Vallaud-Belkacem continue de porter et de défendre sa réforme tant bien que mal malgré les oppositions de plus en plus massives.  Elle reçoit le soutien des différents membres du gouvernement tels que Stéphane Le Foll, porte-parole du Gouvernement et ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt mais aussi François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls qui a publié aujourd’hui une tribune dans Libération.

A l’inverse, l’ensemble des représentants UMP sont unis face à cette réforme qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou encore François Fillon sans oublier Bruno Le Maire très engagé face à cette réforme.

Demain, les enseignants des collèges feront grève afin de montrer leur désaccord avec cette réforme du collège. Ils sont soutenus par la majorité des Français qui sont d’ailleurs opposés à cette réforme (pour environ 60% d’entre eux)

La réforme du collège et des programmes, adoptée le 10 avril par le Conseil Supérieur de l’Éducation n’a pas fini d’être débattue… Jeudi Najat Vallaud-Belkacem et Bruno Le Maire s’opposeront lors d’un débat afin de défendre chacun leur point de vue.

Une réforme du collège est donc essentielle quand on voit notamment le faible niveau des collégiens en maths selon les dernières études, mais reste à savoir si la réforme que souhaite mettre en place la ministre de l’Éducation nationale est la bonne puisqu’elle semble plutôt représenter le nivellement par le bas et le refus de l’élitisme.

Le nouvel emploi du temps des collégiens lors de la rentrée 2016.

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