Principal suspect de la tuerie devant le musée juif de Bruxelles en mai dernier, Mehdi Nemmouche, français d’origine algérienne, avait vu son nom quelque peu disparaître dans la presse. Mais cette semaine, plusieurs accusations planent autour de ce jeune homme de 29 ans. Alors que sait-on de Nemmouche? Explications.

La tuerie de Bruxelles

Nous sommes le 24 mai 2014, les chaînes info relaient le message, un attentat aurait eu lieu à l’intérieur du musée juif de Bruxelles. Le tueur serait entré dans le musée, abattu quatre personnes à l’aide d’un revolver et d’un fusil d’assaut.  Bilan: 4 morts.

30 mai, un homme est arrêté à Marseille, en possession d’armes de guerre, et de vidéos compromettantes, cet homme: c’est Mehdi Nemmouche. Silencieux pendant sa longue garde à vue (96 heures), il sera, sur décision judiciaire, extradé vers la Belgique.

Mais Nemmouche n’est pas inconnu des services de police français. En effet, le jeune homme aurait déjà séjourné sept fois en prison, notamment pour braquages. C’est lors d’un de ses derniers séjours carcéraux qu’il se serait radicalisé  puis aurait rejoint l’état islamique.

 

Gardien d’otages en Syrie

Une radicalisation qui l’aurait amené à séjourner en Syrie, un départ daté plus précisément du 31 décembre 2012. Un séjour pendant lequel il aurait été, selon les ex-otages français retenus en Syrie, chargé de surveillance de ceux-ci.  Une surveillance qualifiée d’une assez grande brutalité par Nicolas Henin, journaliste du journal Le Point :

« Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j’avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu’à la prière de l’aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français. »

Un de ses confrères, Didier François,  journaliste à Europe 1,  a lui aussi annoncé à la presse qu’il avait reconnu, « avec certitude » son geôlier comme étant Nemmouche:

« Je n’avais absolument aucun doute [sur le fait que notre geôlier soit aussi l’homme du Musée juif de Bruxelles]. Avant même de voir ses photos ou d’entendre sa voix, le simple acte lui-même m’avait déjà mis la puce à l’oreille[…]. »

« Abou Omar le cogneur »  (surnom de Nemmouche), qui pourrait être le geôlier des otages français ( Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres), se comparait souvent à Mohamed Merah, selon les informations données par les otages. Ce dernier est également l’auteur d’un acte terroriste sur le territoire français : il avait tué en 2013 sept personnes, et blessé six. Une détention, sous haute violence, vous l’avez compris, qui a pris fin le 18 avril 2014, mais des accusations ont été dévoilées au grand jour au début de ce mois de septembre.

 

Un attentat ?

Une du journal "Libération' du Dimanche 7 septembre. Source: Libération

Une du journal « Libération » du Dimanche 7 septembre. Source: Libération

Cette fois-ci selon le journal Libération du dimanche 7 septembre, le djihadiste français se serait vanté de préparer un attentat à Paris, le 14 juillet 2014, jour de la fête nationale:

« Je vais faire cinq fois Merah au défilé du 14 Juillet » aurait-il annoncé aux otages.

Patricia Tourancheau, la journaliste du journal ayant dévoilé les informations a expliqué sur le plateau de la chaîne LCI qu’elle ne savait pas si Nemmouche « voulait cibler le président de la République ou le public ou des militaires ou le chef d’état major des armées ». De plus, selon un spécialiste contre-terroriste, le geôlier aurait été « formé au maniement des armes et explosifs ». 

Le Ministère de l’Intérieur a démenti lundi les informations du quotidien, indiquant qu’il n’avait jamais eu « connaissance d’un projet d’attentat sur le territoire français par Mehdi Nemmouche ». Une information également démentie par le parquet de Paris quelques heures plus tôt:« Aucun procès-verbal (…) ne fait état d’un projet d’attentat sur le territoire national, en particulier le 14 juillet ».

Des effectifs et dispositifs de sécurité supplémentaires ont par ailleurs été mis en place le jour du défilé de la fête nationale.

Alors a-t-on réellement frôlé l’attentat le jour de fête nationale où est-ce une possibilité parmi tant d’autres? Quoi qu’il en soit, ces informations du quotidien ne sont pas à prendre à la légère. Affaire à suivre…

 

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