Tous les deux ans, le Mondial de l’automobile de Paris est l’occasion rêvée pour les constructeurs de présenter leurs nouveautés. Au centre de toute l’attention : les concept-cars, des voitures futuristes, qui ne verront jamais les routes, mais qui ne sont pas pour autant dénuées d’intérêts.

Dans les travées du Mondial de l’automobile, il n’y en a que pour elles. Ce mardi matin, comme depuis le début du Salon, les regards des visiteurs sont tournés vers les concept-cars des différents constructeurs. Peugeot, DS, Hyundai, Smart ou encore Skoda affichent fièrement leurs créations, bien que l’on puisse difficilement imaginer voir ces modèles ultra-futuristes sur nos routes un jour.

« — Tu te rends compte qu’on verras peut être bientôt ça sur nos routes ? — Je ne le verrai pas — Moi non plus », s’amuse un couple venu au Mondial de l’auto. Ils n’ont pas complètement tord. Si ces véhicules sont très appréciés des visiteurs qui aiment se faire photographier à coté de ces bijoux de technologie, ils n’en restent pas moins au stade de prototypes. Et pour cause, aucun prix d’achat n’est affiché. « C’est un travail de designer qui n’a pas vocation à voir le jour en série », explique un guide au groupe de visiteurs étrangers qu’il accompagne. Les enjeux de ces concept-cars pour les grands groupes sont ailleurs : attirer les regards, convaincre les investisseurs, tester les dernières innovations… Bref, ces concept-cars sont de véritables laboratoires pour la voiture de demain.

Un outil de communication avant-tout

Derrière une foule de curieux, comme eux, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire est venu « saluer le savoir-faire français » sur le stand Renault. Cette année, le constructeur présente trois modèles de concept-cars. Des véhicules archi-futuristes, luxueux, aux matériaux très nobles, qui étonnent les visiteurs par leurs formes. « Ça fait un peu Star Wars, non ? », s’amuse l’un d’eux. Les points communs de ces véhicules : ils sont 100% électriques et 100% autonomes. Présenté comme une « première mondiale », l’EZ-Ultimo (prononcez Easy Ultimo) attire le plus de curieux. « Les gens ont envie de voir ce qu’ils voient à la télé, et les télés ne parlent que des nouveautés », indique Christophe Deville, responsable de la communication du Groupe Renault, « c’est un moyen d’occuper le terrain lorsque la saison est un peu plus creuse que les autres », concède-t-il. Autre enjeux : connaitre l’avis des visiteurs. « Cela permet de tester des nouveautés visuelles auprès du public », précise Christophe Deville. « C’est un laboratoire de technologie, un concentré de notre savoir-faire qu’on présente en test à notre clientèle », ajoute Xiaoyan Hua-Schwab, qui gère la communication de DS Automobiles.

Si la DSX E Tense est annoncée pour l’« horizon 2035 », Xiaoyan Hua-Schwab se veut prudente : « Il faut prendre du recul et de la hauteur. Les concept-cars c’est avant tout une vision ». « Cela sert l’image de l’entreprise », complète Christophe Deville, « on a envie de faire rêver nos clients, de les faire fantasmer ». Une fantasme qui a un certain coût. Plus d’un million d’euro pour construire la DSX E Tense présentée sur le Mondial de l’auto 2018. « Bien-sur cela représente pour nous un investissement important. Mais on le rentabilise sur 18 à 24 mois et le rayonnement à l’international nous offre de belles retombées en terme d’image », justifie Xiaoyan Hua-Schwab.

Parfois les designs et les technologies présentés dans les concept-cars restent. On évalue à environ 15% la part de nouveautés présentés qui se retrouveront un jour sur nos routes. Par le passé, quelques rares concept-cars se sont retrouvé tel quel sur le marché quelques mois après leur présentation. On peut notamment citer le concept-car Scenic de Renault, présenté en 1991 avant d’entrer en commercialisation en 1996. Une des rares exceptions.

 

Article réalisé dans le cadre de la formation du Centre de Formation des Journalistes

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