A l’heure où s’achève l’université d’été des socialistes à la Rochelle, l’on peut raisonnablement s’interroger sur la faculté de Manuel Valls à rassembler ses troupes. En effet, cette manifestation était très attendue au vue des tensions agitant le PS ces derniers temps. L’occasion pour le premier ministre d’apaiser les dissensions.

A La Rochelle, les frondeurs font bande à part

Pour autant deux camps demeurent : les socialistes frondeurs sont réunis sous la bannière « Vive la gauche ». Ils s’opposent à la ligne économique du gouvernement, dénonçant notamment une politique d’austérité, et reprochant à la politique actuelle d’être trop à droite.
Samedi matin, ces parlementaires récalcitrants ont choisi de se réunir en marge des autres militants socialistes. L’amphithéâtre de la faculté de lettres, destiné à accueillir les frondeurs affiche complet. Se succédant à la tribune ,les différents orateurs fustigent vivement le tandem exécutif et briguent « un plan d’urgence » . Ils entendent revenir aux promesse de campagne de Francois Hollande dont ils soutiennent n’avoir jamais vu la couleur. La pesante absence de Benoit Hamon et Arnaud Montebourg, deux des acteurs principaux de ce mouvement contestataire est rapidement oublié par la visite d’une invitée de marque.

Christiane Taubira, entre deux eaux

Christiane Taubira au côté des frondeurs.

En effet, la garde des sceaux s’est affichée ce samedi, au côté des frondeurs sans pour autant renier son attachement au premier ministre. Débarquée sous les applaudissement , elle n’aura pour autant pas pris la parole , se contentant de suivre la conférence, du premier rang de l’amphithéâtre. Soutien affiché, aux députés dissidents, dont elle prétend « assumer les conséquences » . Interrogée à sa sortie elle tente de tempérer

« Je crois qu’on peut entendre les débats. Je ne vois vraiment pas où est le problème… »

Défiance ou revendication absolue d’une liberté, Christiane Taubira continue de troubler.

Difficile de savoir ce que pense réellement Manuel Valls de cette attitude mais il a préféré l’apaisement et renouvelle de ce fait sa confiance en sa ministre. Il est vrai qu’elle bénéfice d’un statut privilégié auprès des militants socialistes après avoir mené à bien la loi sur le mariage pour tous. Le premier ministre peut donc difficilement se priver de cette icône populaire.

Un premier ministre  fédérateur

Débarqué sous les huées de quelques soldats de gauche mécontents, Manuel Valls semble cependant avoir été applaudi a l’issue de son discours, dimanche.

Le patron de Matignon s’est donc attaché à rallier à sa cause une salle qui l’avait accueilli aux cris de « Vive la gauche » Pour ce faire, le chef du gouvernement a choisi de placer son discours sous le signe de la quiétude en tentant de dédramatiser les tensions actuelles qui divisent le parti et en invitant à se recentrer sur l’essentiel : le bien d’un pays en crise. Le fait qu’il puisse y « avoir des débats entre nous ne doit jamais nous détourner des Français » insiste -t-il.

Au terme d’une déclaration habile, le premier ministre a désigné son ennemi , ce ne sera donc pas ses frères d’armes mais l’austérité, qu’il prétend combattre. « Nous ne faisons pas de l’austérité »  a- t-il asséné à huit reprises après avoir évoqué successivement la hausse du RSA, des allocations de rentrée , des bourses étudiantes ou encore la création d’emplois dans le secteur de l’éducation nationale ….Au delà des polémiques agitant le parti ces derniers temps , quelques annonces ont été faites , le chef du gouvernement a démenti une éventuelle remise en cause des 35 heures. A noter également que le chef de l’exécutif appelle les patrons d’entreprise à faire preuve de « patriotisme économique » en « embauchant , en formant , en investissant ».

Néanmoins Manuel Valls a volontairement éludé les sujets quelque peu litigieux : réformes sociales , la réforme des seuils sociaux, le travail du dimanche ou encore l’encadrement des loyers …

Le premier ministre maintient donc son cap idéologique sans chercher à satisfaire les frondeurs. « De toute façon , je ne lâche rien , je sais que c’est la bonne voie » a-t-il assuré.

Aussi a-t-il plaidé en faveur du président , encourageant vivement les militants à renouveler leur soutien et leur affection à Francois Hollande.

« Le chef de l’Etat mérite le respect de tous, il mérite notre affection, il mérite notre loyauté, il mérite notre soutien ».

Chacun jugera s’il s’est montré convainquant mais du moins a-t-il cherché à se montrer rassurant.

L’universite d’été du PS laisse donc présager une rentrée politique plus sereine.

Manuel Valls clôture l’université d’été.

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