La première semaine de la 102ème édition du Tour de France, que l’on annonçait dantesque et piégeuse, ne nous a pas déçus et, à ce petit jeu là, c’est le Britannique Christopher Froome – constamment à l’avant – qui s’en est le mieux tiré en sortant du contre-la-montre par équipe de Plumenec avec le tant désiré maillot jaune, cher au regretté Henri Desgrange. 

Où en sont les favoris ?

Les grands favoris de cette édition du Tour de France, parti il y a plus d’une semaine d’Utrecht, terre de vélo, ne sont pas tous dans la même posture au matin de la journée de repos paloise préalable au début de la haute-montagne avec les cimes pyrénéennes. En effet, le mieux placé de tous est le maillot jaune Chris Froome (Sky) qui ne s’est pas fait piégé dans les coups de bordure de la Zélande, contrairement à Nibali, Quintana ou Pinot, qui a aisément passé le Mur de Huy, les pavés nordistes et l’arrivée à Mûr-de-Bretagne avant d’exceller, avec ses coéquipiers, dans l’exercice du contre-la-montre par équipe entre Vannes et Plumenec.

« Non seulement je n’ai pas perdu de temps sur mes principaux adversaires, mais j’en ai gagné. La pression n’est pas sur mes épaules. Elle est davantage sur les autres, qui vont devoir attaquer pour me prendre le maillot jaune. Cette première partie de Tour ne pouvait pas se passer mieux. » (Froome)

Alberto Contador – vainqueur du Tour d’Italie en mai et à la recherche d’un fabuleux doublé – pointe à 1’03 du Britannique de la Sky. L’Espagnol a perdu du temps sur l’épreuve du chrono par équipe breton de ce dimanche : il a concédé 29″ à la BMC, vainqueur, et 28″ à la Sky de Froome. Pour Vincenzo Nibali – vainqueur sortant de la Grande Boucle – la situation est plus délicate car il pointe à 2’22 du leader. Le coureur qui porte les couleurs de l’équipe kazakh Astana, ne s’est pas montré très solide sur les pentes menant à Mûr-de-Bretagne avant de concéder de précieuses secondes à Plumenec. Pour finir, le Colombien Nairo Quintana compte un débours de 1’59 sur Froome. Le grimpeur de poche de la Movistar n’a cependant pas perdu ses chances de victoire tant il est fort dès que la route s’élève et Dieu sait que la route va s’élever.

Où en sont les outsiders ?

L’outsider le mieux placé au soir de la première semaine est, bien entendu, l’Américain Tejay Van Garderen, toujours dans les bons coups (Zélande, pavés, Huy, Mûr-de-Bretagne) et vainqueur du contre-la-montre par équipes avec la BMC. Il pointe à seulement 12″ de Froome et peut vraiment rêver à un podium sur les Champs-Elysées même s’il faut attendre que la route s’élève pour se faire une idée des forces en présence. Rigoberto Uran a 1’18 de retard, Gesink est à 2’52, Mollema à 2’56, Rodriguez – vainqueur en haut du Mur de Huy – à 3’52 ou Talansky à 4’17.

« Oui, c’est une sensation incroyable. L’équipe a été super cette première semaine. Pas seulement aujourd’hui mais avant également. Ce succès me donne un grand moral avant d’attaquer la montagne. L’équipe est super motivée pour rouler pour moi. Les Pyrénées seront le test pour voir qui peut prétendre gagner le Tour et les Alpes dévoileront l’homme qui a la ressource pour l’emporter. Mais on est si loin de la fin de l’épreuve… On ne saura qu’en troisième semaine si je suis capable de battre Froome. Je me sens assez proche de sa condition, mais le Tour est un marathon. » (Van Garderen)

Où en sont les Français (et les espoirs de podium final) ?

La première semaine a été difficile, très difficile, très très difficile, très très très difficile pour les Français. L’exemple premier – et le plus parlant – est celui de Thibaut Pinot, troisième et vainqueur du maillot blanc, en 2014. Le coureur de la FDJ, pourtant auteur d’un probant contre-la-montre à Utrecht, a été piégé dans la bordure en Zélande, a perdu du temps à Huy et a eu un problème de dérailleur dans l’avant dernier secteur pavé à l’approche de Cambrai : la poisse cumulée au mauvais placement. Il compte 8’05 de retard sur Froome et va maintenant viser le maillot à pois et/ou les victoires d’étapes. Le meilleur Français est Tony Gallopin : il est 11ème à 2’01 mais va très vite disparaître tant il n’est pas un grimpeur de haute-montage. Le Breton de la Giant-Alpecin, Warren Barguil – qui a triomphé deux fois lors du Tour d’Espagne 2013 et qui dispute son tout premier Tour de France – a brillamment passé la première semaine en étant constamment en première ligne, même dans les pavés qu’il empruntait pour la première fois, et pointe à 2’43 après un chrono par équipe difficile. Péraud est à 3’30, Bardet à 4’38, Vuillermoz – brillant vainqueur à Mûr-de-Bretagne – à 6’49, Chavanel à 9’21 et Rolland à 11’43.

« Je remercie mes coéquipiers. Ce sont surtout des copains. Déjà à Mûr-de-Bretagne, ils m’ont bien aidé. Ils m’ont protégé toute la journée. J’en ai encore des frissons quand j’y pense. Même si tout s’arrête pour moi, j’ai déjà appris beaucoup pendant cette première semaine. Si tout s’arrête à la première étape de montagne, ce n’est pas un souci, je reviendrai. Je ne suis pas à l’abri d’une défaillance. » (Barguil)

Qui sont les porteurs des maillots et dossards distinctifs ?

Le maillot jaune est porté par Chris Froome, comme nous l’avons vu plus tôt, alors que le maillot vert est la propriété du Slovaque Peter Sagan pour trois petits points sur André Greipel, vainqueur à deux reprises en une semaine. Le maillot à pois est sur les épaules de l’Érythréen Daniel Teklehaimanot, premier Africain à porter cette tunique légendaire. Le maillot blanc est lui aussi pour Peter Sagan mais va très vite aller du côté de chez la Movistar et de Quintana qui le portera – déjà – sur les pentes de la Pierre-Saint-Martin. Pour finir, la meilleure équipe à l’issue des neuf premières étapes, est la BMC qui compte 4’04 d’avance sur la Tinkoff-Saxo et 7’28 sur Etixx-Quick Step.

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