Les huitièmes de finale de l’EuroBasket 2015 viennent de s’achever. Nous étions à deux d’entre eux. Espagne-Pologne mais surtout France-Turquie. Et si à la TV, l’ambiance avait l’air grandiose, elle l’était encore plus vue des tribunes. En haut du virage nord, en plein milieu d’une tribune populaire, Le Plus a assisté à cette rencontre. Immersion au coeur d’un match inoubliable au niveau de l’ambiance.

Villeneuve d’Ascq, en banlieue lilloise. Stade Pierre Mauroy. En haut du virage ouest. Porte A. Entrée A22. Rangée 69. Place 41. Un endroit que les faisceaux lumineux n’éclairent pas, que les caméras ne filment pas. Et pourtant, le match fut aussi (voir plus) beau qu’au bord du parquet.

 

Prix élevés et inefficacité à l’entrée

Expliquons tout d’abord notre périple. Partis un peu avant 13h de Basse-Normandie (oui, vous savez maintenant tout sur votre rédacteur), nous sommes arrivés à 17h45 devant le stade Pierre-Mauroy. Là, tout est écrit en anglais. Pas de doutes, nous sommes bien à un événement de rang international, l’EuroBasket 2015. Après une phase de poule de quatre groupes répartis entre quatre pays (Riga en Lettonie, Berlin en Allemagne, Zagreb en Croatie et Montpellier en France), débute ce 12 septembre 2015 les huitièmes de finales à Lille. Les plus courageux étaient là dès 12 heures pour suivre les deux premiers huitièmes. Mais nous, nous ne pouvions rentrer qu’à partir de 17 heures dans l’enceinte avec nos billets pour la session nocturne.

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Problème : la queue à l’entrée. Les spectateurs ne rentrent que deux par deux à chaque porte, la file n’avance pas. Alors les organisateurs demandent d’accélérer le pas. Heureusement. Nous rentrons à 18h25, soit cinq minutes avant le troisième match, Espagne-Pologne. Certains arrivés plus tardivement ne rentreront qu’à la mi-temps. Le temps de nous installer le match commence. En début de match, nous restons assis afin de digérer le coûteux repas acheté aux abords du stade (8€ la barquette de frites et la saucisse qui va avec, bonjour le porte-monnaie). Mais être assis ne signifie pas rester passif. Le stade est aux trois quarts pleins et il est déjà surchauffé. Les Espagnols sont constamment sifflés, signe de l’historique musclé entre les deux pays sur le plan du basket, en témoigne le houleux huitième de finale lors des derniers JO.

 

Le virage Ouest en ambianceur

Très rapidement, nous nous habituons à ce virage ouest, sûrement le plus actif. Car il respire le basket vrai. Dans la tribune, des familles, des passionnés venus de loin, des personnes qui n’ont pas l’habitude des grands événements. Car nos places, nous les avons achetées 18€ l’unité quand certains au bord du terrain ont dépensé plus d’une centaine d’euros… Heureusement, l’organisation nous gâte. Un écran géant retransmet le match de façon enrichie (stats, tweets…) sans toutefois montrer de ralentis, afin de ne pas mettre trop de pression sur les arbitres.

Le grand match de Pau Gasol (à insérer https://www.youtube.com/watch?v=xopP5oRUjnA )

La pression, ce sont les Espagnols qui la subissent. Les « Polska » descendent des travées. Un supporter polonais devant nous se lève et nous invite à en faire de même. Des olas tentent de partir, aucune ne franchit plus du tiers du stade. A la fin du troisième quart temps, la pression est palpable. Les animations sur le terrain durant les arrêts de jeu ne distraient pas beaucoup le public, concentré sur l’enjeu. Les deux équipes sont au coude-a-coude. Première mesure de l’ambiance : 96 décibels. Pas mal. Finalement, l’Espagne portée par un Pau Gasol une nouvelle fois en feu s’impose largement, non sans avoir souffert. Beau joueur, le public dont nous faisons partie l’applaudit une fois sorti du terrain. Commence alors le grand moment.

 

Une ambiance indescriptible

Quelques minutes à l’air puis nous revoilà dans les travées de la superbe arène. L’équipe de France ne va pas tarder à rentrer sur la pelouse. Les speakers (en français et en anglais) haranguent la foule. Et cela marche ! Les drapeaux flottent dans les travées, l’éclairage, la sono font le reste. Vingt minutes avant la rencontre, les joueurs entrent sur le terrain. L’ambiance est indescriptible. Le stade est déjà comble. 26 135 spectateurs annoncera-t-on à la mi-temps. Le plus grand score jamais enregistré pour un match de basket en Europe.

A insérer https://twitter.com/ffbasketball/status/642787329762029568

20h54. La Marseillaise retentit. Les joueurs se tiennent par la main. La communion avec le public débute. S’enchaîneront alors les « Défense » lors des attaques turques, les olas, les Marseillaises spontanées, les « qui ne saute pas n’est pas Français ». Mais ceci n’est qu’un détail. Lors du premier quart-temps, la France est accrochée. Ali Muhammed (ce n’est pas son vrai nom, rassurez-vous) trouve des espaces et aligne les points. Il assume son rôle de top player. En face, le trio Parker-Batum-Diaw est bien pâle. Vincent Collet décide de les faire se reposer ce soir, il a confiance en ses remplaçants. Et il a raison. Lauvergne, Gobert, Fournier sont décisifs. Quand à De Colo, il est intenable. Le public crie « MVP » lors de chacune de ses interventions en fin de match. A la mi-temps l’écart est fait.

 

118 décibels

En seconde période, les locaux s’amusent. Ils régalent un public chaud bouillant. Nouvelle mesure de décibels. 118, soit autant qu’un avion au décollage. Emportés par l’ambiance (et aussi par notre voisin de gauche, fin connaisseur tactique surchauffé, il faut l’avouer), nous voici qui nous nous surprenons à nous lever à chaque panier bleu. Et aussi à chaque prise de balle défensive. Et c’est là que les Bleus ont forgé leur victoire. Impressionnante au rebond (Batum et De Colo en premier lieu), pragmatique au niveau des fautes, l’équipe de Vincent Collet laisse l’arène Pierre Mauroy pantoise, les « Défense » s’effaçant au fur et à mesure de la rencontre.

Les Yeux d’Émilie, la chanson de l’équipe de France pour cet EuroBasket 2015 (à insérer : https://www.youtube.com/watch?v=nkMlGIF949U)

22h46, fin de la rencontre. Les Bleus sont en quarts de finale (et quasiment en demis car la Lettonie n’est pas un adversaire insurmontable). Ils retrouveront mardi ce stade où a régné ce soir de mi-septembre une ambiance indescriptible. On a pour habitude de dire que seul le sport fait vibrer comme cela. Après cette rencontre, un des plus grands moments de notre vie en terme d’émotions, nous pouvons affirmer que cela est vrai.

 

Bonus : le résumé de la rencontre

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