Une polémique de plus pour Robert Ménard

Le lundi 5 mai alors qu’il était invité de l’émission Mots croisés sur France 2, le fondateur de l’association Reporters Sans Frontières et actuel maire de Béziers, a reconnu qu’il se servait des listes d’élèves de toutes les classes de sa ville pour déterminer le nombre d’enfants musulmans. C’est illégal depuis la fin du régime de Vichy en 1944 et Robert Ménard le reconnaît lui-même. Une enquête a été ouverte dès le lendemain par le parquet de Béziers, et en théorie, celui qui a été élu avec le soutien du Front National en mars 2014, pourrait être passible de 5 ans d’emprisonnement assortis d’une amende de 300 000 euros. Cependant, à travers un communiqué sur son site internet, la ville a démenti l’existence d’un tel fichier, en expliquant que «[le fichage des enfants musulmans] le voudrait-elle qu’elle n’en aurait pas les moyens» .

« Monsieur Ménard n’est plus Reporters sans frontières, mais racisme sans limites ! »

Malgré ce communiqué, de nombreux hommes et femmes politiques, de droite comme de gauche ont réagi aux déclarations de l’ancien journaliste. Ainsi pour Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti Socialiste, « Monsieur Ménard n’est plus Reporters Sans Frontières, mais racisme sans limites ! ». À droite, même son de cloche chez Laurent Wauquiez, secrétaire général de l’UMP.

Seul le Front National par l’intermédiaire de son vice-président Florian Philippot sur Twitter dénonce « ces hypocrites qui tombent sur Ménard alors qu’ils votent une loi de fichage et surveillance généralisée des Français » . Il en a également profité pour lancer une petite pique à l’actuel Premier Ministre Manuel Valls, en faisant allusion à une vidéo datant de 2009, dans laquelle l’on voit l’ancien député-maire de la ville d’Evry, ne se sachant pas filmé, regretter le manque de « white, de blancs, des blancos » sur le marché de sa ville.

Des décisions rares dans une municipalité française

Depuis son élection à la mairie de la sous-préfecture de l’Hérault en mars 2014, Robert Ménard a pris plusieurs décisions controversées, tel que le fait d’armer sa police municipale ainsi qu’instaurer un couvre-feu pour les enfants de moins de 13 ans non-accompagnés l’été dernier.

Ses prises de position et ses décisions lui attirent de nombreuses critiques, mais Robert Ménard sait parfaitement jouer cette image au niveau médiatique. De plus, les trois binômes FN candidats ont gagné dans les cantons de Béziers lors des dernières départementales, ce qui semble valider sa politique municipale.

Il devra donc répondre aux accusations portées contre lui, avant de reprendre son rôle de trublion.

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